La semaine est encore longue

“T’as
fait quoi l’année dernière ?”

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Acteurs
et rôles

Joachim
Prompsy &  Zoé Caïe – Designer à l’initiative du projet &
réalisation graphique.
Laurent
Massaloux et Romain Cuvelier – Directeurs de l’atelier de projet à
l’ENSCI.

Contexte

Que
ce soit sur les agendas papier, ou sur les « planificateurs » de
nos appareils mobiles, l’organisation de son temps se restreint, dans
l’usage commun, au fait de noter nos tâches et nos rendez-vous. On
observe une similarité formelle entre l’agenda papier et le journal
intime, dont l’usage est autrement lié à l’organisation de son
temps. Écrire nos souvenirs immédiats amène à faire des
connexions entre les anecdotes vécues et nos pensées du moment.
Cela nous permet d’avoir une vue d’ensemble sur l’histoire que nous
vivons, de comprendre son sens et de nous donner envie de connaître
la suite.

Les
tâches, qui ne sont pas une partie suffisante de notre vie, ne
suffisent jamais à remplir complètement l’espace dédié. Lorsque
nous consacrons un objet physique exclusivement à cet usage, il fini
sur nos étagères ou dans nos poubelles, à moitié vide. Lorsque je
regarde les agendas que j’ai conservés, je me rends compte qu’à
chaque fois, certaines des pages laissées vierges m’ont été utiles
pour écrire quelques pensées éparses, quelques histoires passées,
qui sont, somme toute, la partie la plus personnelle et la plus
intrigante de l’histoire que racontent ces ouvrages.

Problématique

Notre
quotidien est-il une aventure incroyable ?

Parti
pris

Oui.

Action

Je
travaille sur un objet hybride, entre le journal de bord et l’agenda,
où l’utilisateur marque ses action passées ou futures dans les
phylactères vides d’une bande dessinée.

Pour
distinguer un mois d’un autre, plusieurs artistes participent au
projet en dessinant chacun 5 pages d’une même histoire. L’univers
visuel accueillant le quotidien de l’utilisateur reprend tous les
codes de la narration, l’incitant à compléter avec des notes
personnelles l’espace d’écriture qui n’est pas utilisé pour noter
ses tâches.

Contrairement
à un agenda classique, l’utilisation de l’objet ne se limite pas à
la durée de l’année. L’idée que nos tâches et nos rendez-vous
vont ensuite être lus influence notre façon de les écrire,
peut-être également la façon dont nous nous en souviendrons. C’est
un objet qui vise à changer notre perception du temps.

Méthodologie

Maquettage
et test d’utilisation, collaborations avec des dessinateurs.

Observations

Le
projet  reprends le titre d’un film « la semaine est encore
longue », qui raconte une histoire de façon découse, et dont
le principe d’enchaînement de séquences déconnectées se retrouve
dans le découpage de l’agenda.

Résultat/
Effort

Travail
de deux personnes sur 3 mois. Le
projet va être finalisé puis envoyé à des maisons d’édition pour
devenir commercialisé.