Rue des Caillots

La Gambadouille est mon épopée.

image

Acteurs
et rôles

Joachim
Prompsy –  Peinture de rue, animation.

Contexte

Avec
nos modes de vie actuels, il est difficile de prendre le temps de
rencontrer ses voisins, car les modalités d’échanges sont surtout
définies sur la base du contexte, et peu sont prétextes à engager
la conversation. Nous rentrons souvent en contact avec des personnes
dans le cadre d’une relation professionnelle, ou parce que nous
sommes mus par un objectif commun.

De
la même façon, savoir s’extraire de ses objectifs du moment pour se
donner la place de vivre une expérience inattendue est un luxe
difficile à s’offrir. Il est midi, nous sommes dimanche, le soleil
bat son plein sans réussir à nous chauffer… je suis en possession
d’un pot de peinture noire et d’un pot de peinture blanche.

Problématique

Comment
faire exister une aventure ?

Parti
pris

J’utilise
la peinture comme porte d’entrée, servant à la fois à imaginer et
à raconter l’histoire en cours.

Action

Je
peins une fresque à l’entrée de la rue des Caillots, sur un mur
abandonné. Elle représente une scène avec un personnage en train
d’effectuer la gambadouille. Je place assez tôt dans mon ouvrage ce
mot inventé volontairement pour intriguer les passants, jusqu’à ce
que quelqu’un engage une conversation autour de la phrase. Comme
celle-ci exprime une philosophie particulière, nous en débattons
pour la définir, puis discutons de sa validité avec d’autres
riverains de la rue des Caillots.

Méthodologie

Attaque
spontanée d’un mur sans défense, prise de vue en caméra cachée
pour ne pas troubler nos débats.

Observations

Le
résultat de la fresque est pour moi autant l’interaction créée
sur le moment que le résultat graphique. Mon principal intérêt est
d’interaction humaine qu’elle génère, de confronter les expériences
et les personnalités des passants. Le fait d’investir un mur qui ne
m’appartient pas, de le marquer de façon visible et personnelle est
parfois source de conflit, eux-même source de débat et d’échange,
j’apprécie particulièrement ce médium pour cette raison.

Effort/
Résultat

Une
après-midi de travail. Une dizaine de riverains ont participé à la
discussion, et plusieurs autres personnes ont manifesté leur intérêt
ou leur désaccord. Cette fresque a donné lieu à une collaboration
avec une personne rencontrée sur le moment.


La semaine est encore longue

“T’as
fait quoi l’année dernière ?”

image

Acteurs
et rôles

Joachim
Prompsy &  Zoé Caïe – Designer à l’initiative du projet &
réalisation graphique.
Laurent
Massaloux et Romain Cuvelier – Directeurs de l’atelier de projet à
l’ENSCI.

Contexte

Que
ce soit sur les agendas papier, ou sur les « planificateurs » de
nos appareils mobiles, l’organisation de son temps se restreint, dans
l’usage commun, au fait de noter nos tâches et nos rendez-vous. On
observe une similarité formelle entre l’agenda papier et le journal
intime, dont l’usage est autrement lié à l’organisation de son
temps. Écrire nos souvenirs immédiats amène à faire des
connexions entre les anecdotes vécues et nos pensées du moment.
Cela nous permet d’avoir une vue d’ensemble sur l’histoire que nous
vivons, de comprendre son sens et de nous donner envie de connaître
la suite.

Les
tâches, qui ne sont pas une partie suffisante de notre vie, ne
suffisent jamais à remplir complètement l’espace dédié. Lorsque
nous consacrons un objet physique exclusivement à cet usage, il fini
sur nos étagères ou dans nos poubelles, à moitié vide. Lorsque je
regarde les agendas que j’ai conservés, je me rends compte qu’à
chaque fois, certaines des pages laissées vierges m’ont été utiles
pour écrire quelques pensées éparses, quelques histoires passées,
qui sont, somme toute, la partie la plus personnelle et la plus
intrigante de l’histoire que racontent ces ouvrages.

Problématique

Notre
quotidien est-il une aventure incroyable ?

Parti
pris

Oui.

Action

Je
travaille sur un objet hybride, entre le journal de bord et l’agenda,
où l’utilisateur marque ses action passées ou futures dans les
phylactères vides d’une bande dessinée.

Pour
distinguer un mois d’un autre, plusieurs artistes participent au
projet en dessinant chacun 5 pages d’une même histoire. L’univers
visuel accueillant le quotidien de l’utilisateur reprend tous les
codes de la narration, l’incitant à compléter avec des notes
personnelles l’espace d’écriture qui n’est pas utilisé pour noter
ses tâches.

Contrairement
à un agenda classique, l’utilisation de l’objet ne se limite pas à
la durée de l’année. L’idée que nos tâches et nos rendez-vous
vont ensuite être lus influence notre façon de les écrire,
peut-être également la façon dont nous nous en souviendrons. C’est
un objet qui vise à changer notre perception du temps.

Méthodologie

Maquettage
et test d’utilisation, collaborations avec des dessinateurs.

Observations

Le
projet  reprends le titre d’un film « la semaine est encore
longue », qui raconte une histoire de façon découse, et dont
le principe d’enchaînement de séquences déconnectées se retrouve
dans le découpage de l’agenda.

Résultat/
Effort

Travail
de deux personnes sur 3 mois. Le
projet va être finalisé puis envoyé à des maisons d’édition pour
devenir commercialisé.


La Voie Est Libre !

Éco-festival
sur l’autoroute A86.

image

Acteurs
et rôles

Joachim
Prompsy  – Organisation de fresques participatives, participation
au co-pilotage du festival.
Cathy Lamri –  Chargée de mission à
la mairie de Montreuil sur « La voie est libre ».
Organisation, mise en place du réseau.
Khader
Guerroudj – Support organisationnel et diffusion, Antenne de
quartier Lenain-Tillemont.

Contexte

Montreuil
est une ville de 100 000 habitants coupée en deux par l’autoroute
A86, une frontière symbolique que les piétons ne peuvent traverser
qu’à quelques endroits, dans des espaces sordides destinés à
n’être empruntés que par les voitures. La partie haute, la plus
éloignée de Paris, n’est pas desservie par le métro et souffre
donc d’autant plus de cet isolement.

Par
ailleurs, la ville se compose de populations issues de milieux
sociaux, ethniques et culturels très variés, dont la porosité est
un des enjeux majeurs pour le bien commun à Montreuil. Les modalités
de rencontre entre ces populations ne sont pas vraiment établies.
Notamment du fait de la proximité avec Paris, une grande partie des
habitants situe sa vie sociale dans un cercle géographique extérieur
à celui du quartier, ce qui n’est pas pour faciliter les moment
d’échange.

« La
voie est libre » est un éco-festival qui a lieu annuellement
sur l’autoroute A86, rendue piétonne sur deux kilomètres pour
l’occasion, réunissant toutes sortes d’activités artistiques et
culturelles et toutes les populations de Montreuil. Son objet est
d’encourager
la réappropriation de l’espace public dans une démarche
permettant d’entamer une transition écologique, en mettant en
valeur les ressources humaines et naturelles des territoires
concernés par la participation active des citoyens à l’événement.
La
fréquentation n’a cessé d’augmenter jusqu’à avoisiner les 30.000
personnes lors de sa précédente édition.

Chaque
année, des street-artists sont invités à peindre une fresque
géante pendant le festival. Lors de cette 6ème édition, les
visiteurs pourront eux aussi participer à l’œuvre collective.

Problématique

Comment
créer le cadre nécessaire au bon déroulement d’une fresque
participative, malgré l’important flux de personnes ?

Parti
pris

Nous
choisissons d’encadrer l’action avec des dispositifs « guides »,
pour obtenir un résultat qualitatif.

Action

Nous
mettons à disposition un mur pour les adultes, et construisons une
palissade pour les enfants. Nous faisons des pochoirs géométriques
pour structurer la fresque, que chacun pourra choisir de placer à
l’envie, et sur lesquels seront peints des motifs.

Méthodologie

Conception
d’après les plans, récupération de matériaux, gestion des
bénévoles.

Observations

L’événement
s’est très bien passé, la fresque a complètement rempli son rôle.
Cependant, les graffeurs locaux boycottent le festival, faute d’avoir
été invités de façon officielle sur le mur, et voient d’un
mauvais œil les invités extérieurs investissant les très prisé
murs d’autoroutes. Un défi pour la prochaine édition ?

Effort / Résultat

Équipe de 5 pour l’organisation de la fresque et la fabrication des modules, 10 bénévoles le jour de l’événement. 50 participants, enfants comme adultes.


La place du marché

Association
de lutte contre le gaspillage alimentaire.

image

Acteurs
et rôles

Joachim
Prompsy, Gabriel Salles, Max Meliani, Luisa Almedia, Lucas Pavoni,
Zoé Caïe – Étude et réalisation graphique.
Barbara
Szaniecki – Enseignante et directrice d’atelier à l’ESDI Rio –
Encadrement pédagogique.
Abu
– Organisateur des actions du FIST : Frente International dos
Sem-Tento – Conseils
Maria-Lisa
– Espaço para meditaçao SOL – Distribution de nourriture
et conseils.

Cible

Personnes
en réinsertion, ayant des difficultés sociales ou financières.

Contexte

Rio,
qui a déjà accueilli la coupe du monde en 2014, est en plein
changement structurel à l’approche des jeux olympiques. Certains
quartiers entiers sont entièrement en rénovation. Depuis les
émeutes de 2014, où les manifestant demandaient que l’argent
dépensé dans la coupe du monde de football soit investi dans
l’éducation et la santé, les pouvoirs publics ont un tout petit peu
adapté leurs méthodes, et certaines actions de concertation
citoyenne ont été organisées dans la ville.

Pour
l’arrivée des jeux olympiques, un des enjeux majeurs pour la
préfecture est réduire la misère visible à Rio. Pour cela, une
unité de police spéciale a été créée, elle s’appelle « zéro
déchets ». Elle fonctionne sur le principe de la taxation,
notamment sur les marchés de fruits et légumes, où les commerçants
qui partent sans ranger sont punis.

Problématique

Quelles
seraient les méthodes les mieux adaptées à la réduction des
déchets et de la pauvreté à Rio ?

Parti
pris

Nous
choisissons de travailler autour du déchet alimentaire dans les
marchés de fruits et légumes, en relation avec plusieurs
associations de lutte contre la précarité.

Action

Nous
concentrons notre enquête de terrain sur un marché précis,
établissant un premier contact avec les commerçants par le dessin
d’observation. Nous effectuons ensuite des interviews auprès des
agents de la ville, des commerçants, des clients, prenons note des
contraintes liées aux déchets, des acteurs déjà présents, ainsi
que d’éventuelles solutions. Nous trions et hiérarchisons les
solutions listées, avant de les mettre en forme graphiquement et de
recevoir un premier retour sur le terrain. À la suite d’un vote,
nous validons la piste d’une soupe distribuée à prix libre dans un
véhicule mobile.

La
seconde partie du projet consiste à développer l’identité visuelle
d’une association fictive, d’établir son mode de fonctionnement,
puis d’expérimenter la récolte des légumes telle que nous l’avons
imaginée dans le contexte réel. Nous développons également un jeu
de société, matériel de sensibilisation pour les membres de
l’association autour duquel discuter de façon informelle du problème
du gaspillage alimentaire dans sa globalité ou d’expliquer leur
action.

Méthodologie

Enquête
de terrain et entrevues pour que les solutions émergent des acteurs
concernés, vote, développement d’une identité graphique,
expérimentation du processus choisi en situation.

Observations

C’est
un exemple d’utilisation des outils du design pour permettre à nos
partenaires de résoudre par eux-même les problèmes auxquels ils
sont confrontés, d’améliorer leurs produits, performances, identité
ou cadre de vie.

Résultat/
Effort

Travail
de trois mois avec 5 autres personnes, une récolte de nourriture a
été réalisée avec succès. Les personnes interrogées ont trouvé
l’identité visuelle cohérente, ont compris le concept et le
fonctionnement de l’association.


Presque sexuel

Définitions du quotidien.

image

Acteurs
et rôles

Joachim
Prompsy  – Écriture, formalisation.
Sophie
Coiffier –  Enseignante à l’ENSCI – Les ateliers.

Contexte

En
tant que consommateur, je suis sans cesse soumis à une grande
variété de produits et de services, qu’il m’appartient d’étudier
pour être en mesure de choisir. Je vogue d’une proposition à une
autre, chacune ayant sa légitimité et son sens, mais l’ensemble,
mis bout à bout, n’étant qu’une succession de mondes distincts.

L’usage,
la forme et la manipulation des signes me plongent dans une spirale
de laquelle il est difficile de m’extraire, car à cela s’ajoute une
complexité nouvelle : la mise en réseau.

Problématique

Comment
un mode de lecture permet-il de donner son sens à un écrit ?

Parti
pris

Je
donne à vivre de façon décontextualisée la frustration que créée
en moi la quête perpétuelle du nouveau, je montre à quel point
elle est omniprésente et influence les moments vécus jusqu’à les
rendre instantanément obsolètes.

Action

Mon
texte expose des pensées sensées qui deviennent absurdes au fur et
à mesure qu’elles commencent à former un ensemble. Il se lit
exclusivement sur ordinateur sous la forme d’extraits écrits dans la
typographie par défaut du navigateur et connectés entre eux par des
liens hypertextes qui restent toujours bleu clairs, comme si on ne
les avait jamais ouvert.

Ainsi
le lecteur parcourt indéfiniment la boucle comme un labyrinthe, ou
un supermarché, lisant de plus en plus vite en quête d’un texte
encore inconnu, la nouveauté se faisant de plus en plus rare.

Méthodologie

Conceptualisation,
création du contenu puis mise en relation des définitions entre
elles.

Observations

J’ai
pu confronter pour la première fois ma pratique de l’écriture à un
avis extérieur, et à la question du médium de lecture qui
représente ici une grande partie du projet. J’ai appris à ne pas
dissocier le fond d’un texte de sa forme, et à le rendre lisible en
me mettant à la place du lecteur pendant son élaboration.


Architectures textiles

Scénographies dans l’espace public.

image

Acteurs
et rôles

Joachim
Prompsy – Initiateur du projet

Cible

Les
habitants d’un quartier et les objets qui peuplent l’espace public.

Contexte

Les
objets de l’espace public font partie de notre quotidien, leur
présence nous est acquise et nous semble évidente, alors qu’ils
mettent en œuvre un savoir-faire, des moyens organisationnels
conséquents, parce qu’ils sont les points de contact d’un service
immensément vaste. Ils ne sont pas simplement fonctionnels ni
uniquement destinés à l’usage pour lesquels ils ont été conçus.

Sur
un lampadaire, il y a presque toujours au moins un sticker ou une
affiche collée.

Le
lampadaire c’est un journal local gratuit et indépendant, ouvert à
toute publication.

C’est
un témoin de l’actualité politique et associative, un garant de la
libre expression.

Problématique

Comment
parler des objets de l’espace public ?

Parti
pris

En
faisant disparaître la fonction de ces objets,  je permet à
d’autres personnes de leur attribuer une sémantique nouvelle,
d’imaginer ce qu’ils sont déjà secrètement, ce qu’ils vont
devenir, ou ce qu’ils pourraient représenter dans notre imaginaire.

Action

Je
créé des petites expériences dans la rue pour essayer de
comprendre quels parcours et quels éléments permettent de générer
du contenu autour d’objets de l’espace public. Le premier test permet
de se rendre compte qu’une intimité peut être très rapidement
créée entre des passants qui ne se connaissent pas simplement sur
le principe de la cabane.

Ici
je cherche à donner au lampadaire un maximum de définitions, avec
l’aide des passants. Je choisi de monter une exposition qui
fonctionne sur le principe du brainstorming, dans laquelle chacun
développe un point de vue sur ce que pourrait être le lampadaire et
vient nourrir la réflexion. Je  fais figurer l’hypothèse émise par
la personne dessinée dans une phylactère. Si elle le souhaite,
celle-ci peut  proposer une explication en remplissant une bande
dessinée à trous, qui sera accrochée comme un cartel près de son
portrait dans le but d’étayer son propos,.

Dans
la troisième vidéo, le support de discussion est matérialisé sous
forme de table. Le fait de partager un thé autour de cet objet
physique permet d’initier une conversation construite plus
sereinement, et d’aboutir à un contenu avec plus de facilité. Nous
faisons un cadavre exquis dans lequel chaque participant commence
avec la définition de l’objet présenté par son prédécesseur pour
en donner une nouvelle, un peu plus éloignée.

Méthodologie

Expérimentations
en situation.

Observations

Tout
le monde a quelque chose à dire, et le dit de sa propre façon ne
serait-ce que par la manière dont son corps se déplace. Un
dispositif ouvert, c’est à dire avec beaucoup de façons de
l’utiliser met le spectateur dans un contexte d’échange
d’informations, propice à la découverte d’une inconnue, non pas
qu’on aurait à lui apprendre, mais qu’on aurait à lui faire
partager.

Effort / Résultat

Travail de 5 mois pour une personne. Création de liens durables entre les habitants ayant participé aux événements présentés dans les vidéos, qui ne se connaissaient pas et qui pour certains, ont participé également à d’autres événements organisés.


Bic hydrogen

Pile portative fonctionnant à l’hydrogène.

image

Acteurs
et rôles

Joachim
Prompsy – Designer.
Matt
Sindall & Sargnsan Soontorn – Directeurs de l’atelier de projet
à l’ENSCI.
Alain
Rosen – Directeur Fuel Cell R&D and Industrialization, BIC.

Contexte

Bic
nous demande de venir en aide à une de leurs équipe qui travaille
au développement de leur prochain produit : La batterie hydrogène.
Ils attendent des étudiants une formalisation qui serait à même
d’en faire objet du quotidien donc “invisible” mais qui,
comme le briquet, le stylo et le rasoir aurait aussi valeur d’icône.

La
batterie à hydrogène se compose en deux partie : le réservoir en
plastique à usage unique contenant l’hydrogène, qui, une fois
ouvert, devra être utilisé dans le mois puis jeté ; et celle qui
accueille la pile à combustion ainsi que les différents composants
électroniques (circuit imprimé, ventilateur, port USB).

C’est
cette seconde partie qui nous intéresse, elle devra répondre aux
contraintes techniques dictées par les composants et devra pouvoir
contenir la cartouche dont la forme est déjà définie. Plus
important encore, elle devra être peu coûteuse.

Problématique

Comment
créer un objet « iconique »  ?

Parti
pris

Je
m’inspire des gestes d’ouverture les plus communs et les plus
incitatifs, partant du principe qu’un objet ne devient iconique que
s’il est adopté massivement.

Action

Je
dessine l’objet le plus compact possible, compte tenu du volume
qu’occupent les composants électroniques. Je pousse les traits,
jusqu’à être presque caricatural, dans le but de rendre explicite
l’action suggérée.

L’ovale
qu’est la cartouche vue de dessus l’inscrit clairement dans la lignée
du briquet, et je choisi de ne pas intervenir dessus pour minimiser
au maximum le caractère futuriste et technique de l’objet. On
“ouvre” la cartouche et on découvre le port USB en un
geste unique et violent dont l’action ne laisse aucun doute quant à
la sûreté du dispositif.

Méthodologie

Recherches
en 2D puis en 3D, en produisant un maximum de propositions dans le
but d’affiner mon choix.

Observations

J’ai
imprimé un prototype en plastique avec le système d’emboîtement
pour vérifier que le bruit que faisait l’objet lors de l’activation
de la cartouche corresponde bien à l’idée que j’en avais. Avec le
recul, je m’aperçois que cette gestuelle s’apparente beaucoup à
celle utilisée pour recharger une arme à feu.

Résultat/
Efforts

5
mois de travail pour une personne. Le
partenaire a félicité la justesse du travail accompli, la solution
figure dans le panel des formes que pourrait prendre l’objet à sa concrétisation.


L’instrument visuel

Un
nouveau canal d’expression libre.

image

Acteurs
et rôles

Joachim
Prompsy – Designer à l’initiative du projet.
Simon
d’Hénin et François Brument – Directeurs de l’atelier de projet à
L’ENSCI

Contexte

Depuis
plusieurs années, je fréquente et organise des sessions de musique
libre (Jam session). J’aime ces espaces informels, où chacun est
invité à participer à l’émulsion collective depuis sa place, sans
avoir à monter sur une scène, ni à se sentir écrasé par le
regard des autres. Mais l’espace sonore sature rapidement, du fait de
l’enthousiaste participation de chacun.

La
plupart des personnes présentes ne sont d’ailleurs pas musiciennes,
et s’enferment les premières dans un rôle de spectateur. Sur les
scènes musicales classiques, dans les boites de nuits ou les salles
de spectacle, un autre canal d’expression fonctionne souvent en
synergie avec la musique, sans jamais entrer en conflit avec elle…
vous avez trouvé ?

Problématique

Comment
investir l’espace visuel de la Jam session ?

Parti
pris

En
créant des instruments visuels intuitifs et facilement
appropriables.

Action

Je
crée des programmes de génération de visuels ou d’animation de
visuels existants avec différents dérivés du langage Javascript
(actionscript et processing), ainsi que des interfaces physiques
permettant aux non-initiés de jouer de l’image de façon instictive
sans posséder de connaissances techniques particulières.

J’ai
dessiné des objets peu coûteux et facilement réplicables, leur
fabrication faisant partie de leur prise en main. Il était
nécessaire de créer des interfaces physiques complètement
transparentes quant à leur usage, incitatives mais également.

Le
clavier-guitare :
chaque touche active le lancement d’une
petite animation, ou l’apparition succincte d’une image à l’écran.

Le
pied de micro :
le
capteur piezo employé sert à reccueillir les vibrations physiques
qui parcourent un matériau. Le matériau manipulé émet ainsi des
signaux qui sont ensuite interprétés par l’ordinateur pour générer
des visuels.

Le
stéthoscope :
fonctionne
sur le même principe, sauf que c’est le micro de contact qui vient
se plaquer contre un volume afin d’en capter les vibrations.

Méthodologie

Prototypage
et expérimentations en situation.

Observations

Je
voulais que mes objets évoquent des instruments de musique, mais
aussi qu’ils communiquent de façon pédagogique sur leur usage,
quitte à être un peu caricatural dans leur dessin.

Efforts/
Résultats

Travail
de six mois. Joué à l’occasion de plusieurs événements, concerts,
jam sessions.


Chez Gégé

Street flammekueche !

image

Acteurs
et rôles

Graffeurs fréquents sur le terrain – Participation à l’action, diffusion.
Commerçants – Légitimation de l’action, participation gracieuse.
Office du tourisme de Montreuil – Visiteurs, inclusion du lieu dans le patrimoine graffiti.
Action auto-organisée.

Contexte

L’inauguration
du nouveau centre commercial dans le quartier de la mairie et
l’arrivée du tramway font monter les prix de l’immobilier à
Montreuil. Les quelques espaces en friche qui subsistent dans le
centre-ville vont bientôt se transformer en projets immobiliers.
Parmi eux, celui qu’on appellera désormais « Chez Gégé ».

Parce
qu’ils ne sont soumis à aucune forme de contrôle, les terrains
vagues sont des espaces d’expression libre et d’inspiration pour les
membres de la communauté du graffiti. On vient y prendre le pouls de
l’activité dans la ville : quels acteurs, quels styles, quelles
tendances ? Pour un cercle d’initiés, ils sont d’importants
carrefours culturels.

Il
est, pour beaucoup d’acteurs du milieu, inconcevable d’imaginer un
« musée du graffiti ». Cette pratique éphémère, en
mouvement perpétuel, est par essence intimement liée à son
contexte.  La figer, la sortir de l’espace urbain serait lui retirer
son principal intérêt. Pour autant, peu de personnes ont accès à
ces endroits privilégiés.

Problématique

Quel
rôle les « temples du graffiti » ont-ils à jouer dans
la lutte pour l’égalité d’accès à la culture ?

Parti
pris

Je
tente de sortir la culture de son contexte muséographique et de
l’image qui l’incarne dans l’imaginaire commun, de la montrer comme
elle est dans la pratique.

Action

Je
dévisse les palissades et invite des amis à faire un barbecue dans
le terrain vague. L’événement est ouvert aux curieux, chacun étant
libre de s’approprier l’espace visité comme il l’entend, pour ne pas
dénaturer le lieu en lui retirant son statut d’espace de liberté. À
l’issue de l’événement, une fenêtre est créée, permettant
d’avoir un aperçu partiel de ce qu’il s’y passe depuis la rue.

Méthodologie

Captation
vidéo du processus.

Observations

Lors
de l’événement, nous n’étions pas dans l’optique de donner des
informations quant au statut du lieu, nous y passions simplement une
après-midi. Le fait d’ouvrir n’a donc pas complètement  détruit la
barrière entre la rue et le monde du graffiti, mais à tout juste
permis aux passants de voir ce qu’il était.

Le
fait de bénéficier d’un espace dont les usages ne sont pas définis
est très important. Ils laissent la place de se projeter au dessus
de ce qu’on est sensé y faire, car ce qu’on est sensé y faire
n’existe pas. Nous donnons à voir le lieu de façon brute, sans
grille de lecture, car c’est un espace flou, majoritairement
constitué de vide.

Efforts/
Résultats

Travail
de deux mois. L’office du tourisme de Montreuil organise des visites
guidées axées sur le graffiti. Les balades passent systématiquement
par la rue de l’Église, d’où les promeneurs peuvent admirer les
œuvres sans déranger les artistes.


La démocratie par le sticker

Réflexion sur les outils du design de l’action publique.

image

Acteurs et rôles

Joachim Prompsy – Initiative du projet.

Contexte

Dans le cadre de mes études en design, j’ai l’habitude de représenter les idées desquelles on débat pour permettre à tous les interlocuteurs de s’y projeter et de les manipuler ensemble. Cette représentation influence souvent l’auditoire, l’amène à s’intéresser à certains aspects de l’idée, qu’un trait ou un détail du dessin souligne involontairement.

En tant qu’artiste opérant dans l’espace public, j’ai constaté que chacune de mes interventions est en réalité prétexte à faire émerger localement une discussion qualitative ; avec des personnes d’horizons très différents, qu’ils soient ou non impliqués dans la vie de leur quartier.

Problématique

Le graffiti a-t-il droit de cité dans la palette du designer ?

Parti pris

Je tente de voir ce qu’offre l’investiture d’un mur dans l’espace public en terme de représentation de l’action citoyenne, et dans le même temps comme un outil de conception de cette action.

Action

Je choisi des espaces-clés dans la ville, avec beaucoup de passage et dans des quartiers où se croisent sans forcément se mélanger des populations différentes. J’organise un vote où chaque bulletin est matérialisé par un sticker, et dont le résultat est rendu visible instantanément. Il est important d’être à la fois transparent sur l’intention de l’action, en créant un effet d’annonce, et sur le fond : les passants votent pour savoir qui va figurer sur le mur.

Le deuxième jour, j’interviens avec de la peinture, soit en dessinant les passants, soit en dessinant ce que les passant me disent de dessiner, à partir d’un catalogue de formes découpées placée sur un panneau représentant la façade. Sans que personne ne s’en rende vraiment compte, chacun à son échelle est en train de s’investir dans son quartier de façon très concrète et surtout très visible.

Métholdologie

Immersion dans le parcours existant :

Création d’un outil graphique venant appuyer le propos et créer le cadre pour légitimer et définir l’action, et d’un contrat de principe, signé par les riverains et les commerçants. Implication directe des acteurs ciblés, retranscription photographique.

Observations

La légèreté du scrutin permet d’accepter les votes les plus extrêmes et de faire l’expérience d’une expression complètement ouverte sans craindre de conséquences néfastes. Je remarque que du fait de cette absence de peur, personne ne remet en cause l’action alors qu’elle apparaît illégitime, alors que pour le moins elle est illégale. J’en déduit que d’une façon générale, l’exploitation des doutes n’est rendue possible que par leur existence chez le sujet qui entreprend l’action.

Effort / Résultat

2 fresques réalisées sur 4 jours, interaction avec plus de 100riverains et passants. Création d’une ambiance de convivialité qui participe à l’identité de la rue, et a favorisé l’implantation de boutiques culturelles (librairies, boulangerie alternative).