MIGRATIONS

Sémantique et positionnement / hiver 2016 – printemps 2017

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Manifestation de soutiens aux migrants de Stalingrad, photo parue dans le Daylinews, Londres.

Je m’intéresse à la façon dont le terme “migrant” cristallise les crispations, dans les médias et à l’intérieur de nous-même. Je m’intéresse à la frontière qui sépare l’image d’un monde commenté, et la compréhension d’une situation en tant qu’être humain, de l’intérieur du groupe.

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DÉVELOPPEMENT D’UN OUTIL DE CONCERTATION CITOYENNE DANS LE CADRE DU PARTENARIAT POUR UN GOUVERNEMENT OUVERT.

Démocratie et numérique / automne hiver 2016

Atelier de mise en place des critères techniques organisé par étalab.

[enquête partiellement confidentielle, les informations en rapport avec mon client ont été retirées]

 

Les acteurs de l’action publique en charge de l’ouverture des données prennent en main un projet qui émerge à la fois d’une volonté politique, d’un besoin des administration, d’un courant de pensé en vogue et d’une forte demande citoyenne exprimée à travers des mouvements sociaux hautement revendicatifs.

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LES PRÉMISSES DE LA DÉMOCRATIE DEUX POINT ZÉRO, DE NUIT DEBOUT À L’HOTEL CASSINI

Démocratie et numérique / printemps été 2016

Réunion au Black Trombone avec la commission numérique de Nuit Debout.

[enquête partiellement confidentielle, les informations en rapport avec mon client ont été retirées]

 

Printemps 2016, les citoyens investissent des places publiques et remettent en question la légitimité de notre démocratie représentative, en cherchant à faire émerger de nouveaux modes de gouvernances. Je donne à voir un état des lieux, semaine par semaine, de mon immersion dans différents cercles réunis autour d’une même mode, “la civic tech” pour “technologie civique”.

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Raconteur d’histoires

Bienvenue sur mon site ! Sujets de société, espace public et outils participatifs.

Peinture de rue 

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Peintre de rue et membre fondateur de la Graffiterie, mon travail porte sur l’appropriation de l’espace public comme lieu de vie par ses habitants.

Je suis organisateur d’événements participatifs, parmi lesquels des fresques en collaboration avec la Mairie de Montreuil, ESCP Europe, la Voie Est Libre, le Labolic… Mes dessins apparaissent dans le Monde, Urbacolors, the Dailynews,
Say-yess, le Parisien

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Fresque réalisée par le collectif la Graffiterie, dans la rue Saint-Just à Montreuil.


Fresque spontanée, rue Saint-Just – août 2016 (5 jours)

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Je pars de chez moi avec mes pots de peintures direction le haut Montreuil. Après plusieurs essais infructueux, je trouve un mur abandonné rue Saint-Just, dans le haut Montreuil, à l’entrée des Murs à Pêches. Au bout de quelques heures, j’appelle des amis, qui viennent me prêter main forte. Le deuxième et le troisième jour, nous sommes trois, puis quatre et cinq à peindre, ainsi que d’autres personnes qui nous rejoignent par curiosité, pour partager un moment autour de la peinture, comme la coutume le veut.

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En
restant longtemps à travailler, nous sommes marqués par
nombre de voitures qui passent dans la rue Saint Just, et la vitesse à
laquelle elle vont. Des voisins nous racontent que les projets de
requalification veulent en faire un axe routier encore plus
important, pour compenser la fermeture de la bretelle montreuilloise de
l’A86. Nous finissons par ramener des plots de signalisation avec
des panneaux de limitation de vitesse pour nous protéger, le trottoir étant étroit.

À partir du deuxième jour, les voitures ralentissent pour nous regarder ou nous saluer, la fresque commençe à attirer l’attention. Certains passent simplement en klaxonnant, ce qui est surprenant et désagréable au début, mais ce qu’on fini par identifier comme une marque de reconnaissance. Les usagers des Murs à Pêches et les habitants de la rue, notamment ceux du HLM juste en face du mur, viennent discuter avec nous régulièrement, nous apportent de l’eau, nous parlent du quartier.

De cette façon, nous apprenons pêle-mêle que la mairie a fait construire dans une des parcelles la “maison des Murs à Pêches”, qu’il y des ruches derrière le mur que nous sommes en train de peindre, que ce complexe de bâtiment est en réalité loin d’être abandonné : il abrite des petites entreprises de scénographie d’exposition et d’événementiel.

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La Haine, Mathieu Kassovitz

Le troisième soir, il est 1h du matin quand un 4×4 se gare sur le troittoir d’en face, et que quatre mecs ivres en sortent et commencent à se disputer à propos des clés. J’ai l’impression que ça va se taper dessus alors je vais les voir pour que ça ne s’envenimme pas, mais l’un d’eux casse une bouteille et je fais demi-tour. C’est peine perdue parce qu’ils déplacent la  voiture juste à côté de nous et essaient d’interagir avec nous sans nous témoigner de respect, mais sans nous insulter. Ils insistent pendant près d’une demie-heure, et nous réalisons qu’en réalité, l’un d’eux est victime des trois autres, qui lui ont pris ses clés et qui l’empêchent de rentrer chez lui. L’Antilope fini par les faire partir en leur criant d’aller faire leurs histoires ailleurs.

Le lendemain, nous apprenons que certains des habitants du HLM nous observaient tout ce temps et se questionnaient sur l’issue de l’incident. Je me dis que nous étions en réalité moins seuls qu’il paraissait, et qu’il suffirait que chacun se sente un tout petit peu plus responsable de son quartier pour ne pas laisser ces choses arriver.
Il est utile de ne pas toujours déléguer la gestion du respect de
l’ordre aux policiers, qui n’étaient pas là, et qui des fois n’ont pas
besoin d’être là, une remise en place par simple gueulante ayant été
largement suffisante dans cette situation.

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En journée, nous sommes également approchés par beaucoup d’éventuels
futurs clients, qui nous interpellent pour monter des projets. Nous
donnons beaucoup de cartes, et nous sommes satisfaits de la promotion
générée. Après mon départ en vacances le troisième jour, la fresque
continue sans moi et ce sont les autres peintres qui reprennent le
flambeau pour la terminer. En mon absence, il y a une altercation avec
la police qui demande à vérifier les autorisation des propriétaires du
mur, et de la mairie. Une demie-heure d’attente les décourage, et ils
finissent même par repasser en klaxonnant.

Les questions que me pose cette expériences :

Comment la pratique de la peinture peut-elle nous responsabiliser vis-à-vis de notre environnement direct ? On se retrouve dans une situation où il y a clairement une agression dans la rue. Nous on se positionne en tant qu’acteurs de l’espace public et en tant que spectateurs de cette agression. On pourrait être en train d’avoir une discussion, de jouer à un jeu de société, n’importe quoi en fait, puisqu’on on est présent de façon ostentatoire, et que l’attention converge vers
nous à un moment ou à un autre.

On ne peut donc éviter que
ce qu’il s’y passe nous touche directement. On est dans un moment
d’ouverture complète vers autrui, d’extra-lucidité. On est dans une
position de force parce qu’on s’impose à l’autre visuellement et
symboliquement, mais en même temps de vulnérabilité parce qu’on s’expose
personnellement à la critique, immobilisés par notre logistique, et
parce qu’on est du mauvais côté de la loi.

Je ressens beaucoup d’empathie et j’ai du mal à ignorer la présence ou le point de vue de quelqu’un, quand j’en arrive à devoir faire ça, c’est preuve d’une défaite personnelle, et ça arrive le plus souvent dans l’espace public, quand je me met en scène à travers la peinture.


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Fresque réalisée à la cité Chevaleret dans le cadre d’un programme de la mairie du 13e arrondissement de Paris, en partenariat avec la MJC et l’association Art Exprim’. Elle représente une ville fantastique au dessus de laquelle s’élève la cité représentée par la figure du cheval. Le C dessiné par la deuxième main est un signe de reconnaissance dans le quartier. On a peint une façade sans vraiment avoir d’interaction avec les habitants de cette cité confinée, où les pouvoirs publics n’arrivent pas à remédier au fort taux de chômage des jeunes et aux problèmes de violence. J’espère retourner y prochainement pour voir si la peinture peut être un moyen pour les jeunes de sortir du bâtiment.

Um muro realisado no bairro Chevaleret, pelo programa cultural da prefeitura de Paris, com o apoyo da associaçao “Art exprim” e da Casa dos Jovens e da Cultura. Representa uma cidade fantastica daquela sai um cavalo, animal symbolico do lugar. O “C” que desenha a secunda mao é um sinal usado pelos moradores, e tambem fica pra representar o bairro, qual sofre dum forte desemprego dos jovens, e de problemos de violencia. Pintemos uma parede sem ter muita interaçoes com a comunidade local, mas eu quero voltar para ver se essa forma de arte pode fazer os adolecentes sair do bairro aonde as instituçoes nao conseguirem.


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Tu prends une dizaine de personnes, tu les mets dans le métro.


Chapitre 1 : compte-rendu de l’atelier organisé par Étalab au hackaton Open Democracy Now ! #4

L’état commande une plateforme de consultation permanente centralisée
et accessible à toutes les administrations publiques désirant
bénéficier d’un outil de concertation. Celui-ci sera développé à partir
d’une solution existante, dont Étalab encadre les porteurs de projets
pour qu’ils répondent au mieux possible aux attentes exprimées. Le cycle
d’ateliers inclue la construction commune d’un cahier des charges et
l’amélioration des solutions existantes grâce à la mutualisation des
expériences de chacun des participants.

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Autour de la table, il y a une quinzaine de personnes :

1. Paula, Étalab, anime le débat.
2. Emmanuel, Étalab, développeur.
3. Alexis, Étalab, travaille à l’ouverture du code.
4. Thomas, Étalab, travaille sur la boîte à outil de l’OGP.
5. Benoit, Étalab, qui coordonne et organise.
6. Thibaut, de Cap Collectif, un outil de consultation.
7. Amina, webmestre à l’Assemblée Nationale, concertation en ligne.
8. Raoul, la Cerise, un outil de pétition organisé en réseau social.
9. Vincent, Consul, un outil de gouvernance des mouvements citoyens.
10. Caroline, Démocracy OS, un outil de consultation en ligne.
11. Olivier, multi-entrepreneur dans les civictechs.
12. Benjamin, OpenLaw, association pour le droit ouvert.
13. Franck, Moonlosie (?), forum amélioré autour des outils de démocratie.
14. Pierre-Louis, Démocracy OS, déploiement de l’outil à la mairie de Nanterre.
15. Joachim, (moi) intéressé par le sujet.

On recense donc 7 solutions potentielles à améliorer parmi les participants.

PARTIE 1 : FAIRE ÉMERGER LES BESOINS.

  • Les APIs :

Les
APIs devraient rendre les données de la concertation consultables par
tous, donc selon les règles de la CNIL, les données devront être
anonymisées. C’est à dire que l’outil aura une fonction qui transformera
automatiquement les noms et prénoms en pseudo du type"user01", et que
personne ne connaitra l’identité réelle des participants.

Les APIs
permettrons également de consulter en temps réel les grandes tendances
d’opinion. En recoupant avec le lancement de campagnes de communications
lancées par des lobbyistes ou des associations, on pourra détecter et
analyser et rendre transparents les mécanismes de prise de position tout
au long de la concertation.

Les APIs permettront à la société
civile d’exploiter les données produites. Celles-ci devront être à la
fois riche et compréhensible, elle doivent donc être structurées à la
base de façon à ce que la complexité des opinions soit prise en compte.
Emmanuel donne l’exemple d’arguman, une plateforme d’argumentation.

  • Articulation et qualité du débat :

Il
faut que la plateforme reproduise au maximum les mécanismes de la
discussion orale. Cela implique de sortir de la logique classique de
formulation d’une idée suivie d’un vote sur cette idée, qui est
considéré comme une trame stérile pour l’obtention d’un vrai débat. Il
est également important que l’interface et la structure de l’échange
évoluent, parce qu’on n’argumente pas de la même façon selon que l’on
soit au début, au milieu, ou à la fin du débat. Si toutes ces
caractéristiques sont prises en compte à la base, la “lettre au père
Noël” de cette nouvelle plateforme serait de pouvoir générer de façon
semi-automatique des synthèses pertinentes.

Il faudrait également
que le citoyen puisse avoir accès à de la documentation relative au
sujet de la concertation. Ce contenu doit être facile d’accès, très
compréhensible et diversifié pour avoir un tour d’horizon des avis et
des expertises. L’utilisateur pourrait avoir accès à des retours
d’expériences sur d’éventuels projets ou initiatives similaires à
l’international.

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  • Accessibilité & inclusion :

La
plateforme en ligne doit être poreuse avec le débat physique, mais
celui-ci sera nécessairement auto-organisé. Faut-il utiliser des
instances publiques existantes tels que les conseils de quartier, en
créer de nouvelles comme l’a fait la commission nationale du débat
publique, ou tout simplement permettre aux utilisateurs de choisir s’ils
parlent en leur propre nom au nom d’une communauté ? Dans ce cas,
comment le vérifier, et qu’est-ce que ça change dans la prise en compte
de l’avis donné ? Pour les concertations touchant à l’écriture
collaborative d’une loi, ou à la réforme d’un document législatif, il
est nécessaire que le citoyen lambda puisse comprendre ce qui est écrit
dans le texte de façon synthétique, ne serait-ce que pour savoir avant
de s’y plonger si le sujet l’intéresse et s’il a quelque chose à dire.
C’est décourageant de devoir lire l’ensemble d’un texte avant d’en
comprendre la substance. Il serait souhaitable que cet aperçu rapide
soit évolutif, c’est à dire qu’il tienne compte des contributions au fil
du débat.

Sur la plateforme de concertation, on pense
également à développer une partie entièrement consacrée à la prise en
main, à la transparence et à la compréhension de l’outil en lui-même,
parce qu’avoir confiance dans le processus nous autorise à en faire
partie. Quelle est la finalité de la concertation ? Par qui, pour quoi,
et comment est-elle organisée ? Quelles sont les garanties que l’avis
que je laisse ne sera pas détourné ? Pour toutes ces questions, je fais
le lien avec la charte développée par OPEN LAW dans un autre atelier du
même hackathon.

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  • Gouvernance :

Il serait
souhaitable que la société civile puisse également se saisir de cette
plateforme pour que les concertations lancées ne soient pas à la seule
initiative de l’État ou de l’acteur public. Le droit de pétition est
effectif en France – le citoyen peut théoriquement saisir la commission
du débat public ou faire débattre une proposition à l’assemblée
nationale à partir d’un certain nombre de signataires – mais dans cette
situation précise, la loi est en avance sur les usages : aucun outil de
pétition en ligne n’a pour l’instant de valeur juridique. Ce problème
serait résolu grâce à l’identification sécurisée via France Connect.

On
propose également de permettre que les administrateurs de la plateforme
soient en mesure de réactiver les communautés qui ont déjà participé à
une concertation.